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Métro boulot chaos

 

Un beau jour de début janvier, je m'apprêtais à prendre mes affaires afin de quitter la maison pour aller travailler. II était aux alentours de 21h30. Normalement, je prenais le bus de 21h37 pour arriver au métro Longueuil vers 22h10 environ. J’avais  trouvé un boulot de nuit, au centre-ville de Montréal. Les tâches n'y étaient vraiment pas compliquées. La seule difficulté était  dame fatigue qui essayait chaque fois de venir me border vers 4 heures du matin. À mon arrivée au métro, c'était comme d'habitude, il y avait toujours plein monde: Ceux qui retournaient chez eux en ville, ceux qui arrivaient du boulot, ceux qui partaient pour une soirée ou en boîte de nuit au centre-ville, ceux qui revenaient d'un match du Canadien et ceux, qui comme moi, pour un je ne sais quoi,  allaient travailler un samedi soir…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ma carte de transport était magnétique, donc au passage du tourniquet, ça faisait un clic d'approbation et je sautai à bord du wagon. Je n'y avais pas vraiment porté attention au début, mais dès que les portes du wagon se refermèrent, ça m'a paru plus évident. Il y avait ce groupe de jeunes, une dizaine environ, qui était de plus en plus bruyant.

 

Et merde !! J’allais devoir les « digérer » pendant dix minutes environ, car c'était le temps que le train prenait approximativement pour faire le trajet Montréal-Longueuil. Et moi qui voulais faire mon itinéraire tranquillement avant d'aller à mon quart de travail. Avec mon livre de lecture en main, j'essayais tant bien que mal de me concentrer sur mon roman. Finalement, je trouvai ma paire d'écouteurs dans mon sac que j'enfilai sur le champ. Je mis ma musique qui me transporta dans un autre monde, je me vis même derrière mon personnage le suivant pas à pas dans ses tourmentes.

 

Pendant ce temps, après les quatre premières minutes du  trajet, le train s'arrêta à la station de l'île Sainte-Hélène pour poursuivre en direction de la métropole. Dans les nouveaux passagers du wagon, on retrouvait six  autres jeunes. Et en l'espace d'un instant, je ressentis qu'il y avait une certaine tension dans l'air. Je relevai la tête de mon livre et enlevai mes écouteurs, pour  me rendre compte qu'il y avait un conflit entre les deux groupes de jeunes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais où étais-je donc …  Dans un rêve, dans une salle de spectacle ou peut-être même dans le tournage d'un film ? Et non, bravo Nat, tu étais assis au premier rang avec une vue panoramique d'un affrontement éminent entre deux gangs rivaux !

 

J’étais complètement paralysé par la peur. Du côté gauche, j'avais un boxeur à dix têtes et vingt bras et du côté droit,  un technicien  du combat ultime à six têtes, 12 bras sur pattes. Et moi j’avais été choisi par hasard pour arbitrer cet affrontement. Deux d’entre eux (un de chaque côté) s’avancèrent  l'un vers l'autre, et ils arrivèrent nez à nez de façon symétrique juste devant moi en se marmonnant des injures. Les deux jeunes hommes étaient suivis de près par leur groupe respectif.

 

L'un des deux jeunes commença  à parler de vive voix, une sorte de discours sortait de sa gorge. Puis,  l'autre jeune enchaîna lui aussi en scandant un discours et ainsi de suite à tour de rôle ! Pendant ce temps-là, un des juvéniles s’était mis à califourchon sur les bancs du wagon afin de tambouriner un rythme de musique en accompagnement à nos deux adversaires. J'assistais à ce qu'on appelle dans le jargon urbain à un «rap battle». D'un côté comme de l'autre, on entendait des «ohhh» et des «ahhhh». Finalement, la sanglante guerre de mots n'a pas fait de vainqueur, et les jeunes se sont dispersés dès l'arrivée du train à la station Berri-Uqam.

 

Au final, j'ai eu plus peur que de mal, par contre ces jeunes m’ont fait  une  belle démonstration de ce qu'est l'art de la rue.

 

Écrit par Nataniel Roc